Humeurs de mémoire – 5/6 décembre 2019

L’hiver est là. J’aime l’hiver.

Hasui Kawase, “Mont Fuji au clair de lune”

Des hauts et des bas : voilà ce qu’il se passe depuis quelques semaines. Il peut, on a le moral dans les chaussettes, on est paumés et on ne trouve rien d’intéréssant pour alimenter ses recherches. Et puis. Au détour d’un article, d’une conversation, ça change. Au détour d’un entretien, aussi : j’ai enfin pu m’entretenir avec mes deux premiers “témoins” le mois dernier, d’un côté par mail avec un conservateur de musée américain, de l’autre avec un conservateur français travaillant actuellement au Louvre. Fou de constater à quel point une seule phrase suffit à ce que mes recherches avancent à pas de géant.

Me voilà donc prêt à présenter un projet de mémoire, même si concrètement, j’ai déjà largement dépassé le stade du projet. Mon sujet : une exposition consacrée à Jimi Hendrix et les questions qu’elle pose sur la muséification des musiques populaires. Mes sources : des dossiers numérisés ou papiers, et surtout des entretiens oraux. Les travaux sur ce sujet : rien chez les historiens, des travaux maigres chez les autres (encore qu’il faudra que je creuse les travaux publiés en anglais). Mes axes de recherche : les raisons qui poussent une institution prestigieuse à s’ouvrir au rock; la façon dont une telle exposition s’organise; une analyse critique de cette exposition…

Et sinon, d’autre part? Je pense à la fin d’année, aux vacances de Noël qui arrivent, à 2020. Je pense à mes tops, que je remet souvent à demain mais auxquels je pense souvent. Et ce petit billet étant écrit le 5 décembre au soir, je pense à la mobilisation, à la grève, au fait que je vais me retrouver bien seul en séminaire pendant quelques semaines, moi qui ait la chance de pouvoir aller à pieds à la fac.

Derrière, j’écoute Vincent Gallo, Mondkopf, Natural Snow Buildings. L’hiver est là.