Quelques albums sortis en 2019

Je me livrais, il y a assez longtemps, à des textes très courts dédiés à des albums que j’avais écouté récemment, de manière totalement aléatoire (il s’agissait de mon actualité, pour paraphraser Barthes). Je me livre de nouveau à l’exercice, même si je garde ma plume pour des articles plus longs, plus complets, sur des albums ou il y a beaucoup à dire.

Quelques albums sortis cette année, donc.

Efrim Menuck & Kevin Doria – are SING SINCK, SING

Sorti en mai, l’album de Efrim Menuck (Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion) en compagnie de Kevin Doria (Growing) était totalement passé sous mes radars. Et pour cause : les projets solos du premier m’emmerdaient profondément, et je n’avais jamais écouté le groupe du second. Encouragé par un ami me motivant à aller voir le duo en concert, je fut assez surpris par la qualité de ce disque de drone.

J’ai voulu résume en très peu de mots la musique qu’on entendait sur cet album à mon frère. Au risque d’être réducteur, j’ai donc décrit cela comme du Drone-ACAB. Des textes parlés, ultra-politisés (de loin les paroles les plus explicites qu’ai écrit Efrim Menuck) accompagnées de nappes drones lourdes et oppressantes, qui ne manquent pas d’inspirer une impression d’écrasement, mais ou l’on repère aussi à l’occasion une beauté glacée. Vraiment un très beau disque, qui se termine un peu trop en queue de poisson avec un morceau court et peu intéressant, “We Will”, curieusement choisit comme single de l’album.

Mais il était chouette, finalement, leur concert.

Girl Band – The Talkies

Un retour auquel je ne croyais plus. Et qui m’enthousiasmait d’autant plus que j’avais proclamé Girl Band, à la sortie de l’incroyable EP The Early Years, “groupe de rock qui m’excitait le plus au monde”. Douche froide après un premier album trop retenu et qui manquait du génie de l’EP. Et ce second album est dans la lignée du précédent : ou est le risque?

C’est quand même mieux que Holding Hands with Jaimie, mais on reste sur un groupe qui privilégie beaucoup trop à mon goût la texture à la catharsis, le travail sur le son sur la composition. Et si le groupe touche tout à fait juste dans les morceaux les plus lyriques (“Couch Combover”) ou les plus composés (“Shoulderblades”). J’ai encore l’espoir de retrouver, à la maroquinerie, un groupe puissant et invaincu dans la catégorie “noise rock orgasmique”. Rendez-vous dans un mois.

Not Waving & Dark MarkDownwelling

Mark Lanegan s’obstine à foncer tête baissée là ou on ne l’attend pas. Je connaissais à peine le producteur de musique électronique italien Not Waving, voici que Lanegan, qui s’amuse à se renommer Dark Mark (ôtant par le même coup au disque toute prétention commerciale), chante doucement sur de douces nappes de synthétiseur.

Et comme d’hab, Lanegan excelle plus que dans son propre groupe. Les compositions élégantes et minimalistes de Not Waving permettent donc de souligner le talent de chanteur, de conteur, mais aussi et surtout de songwriter de l’américain. Déjà un des plus beaux albums que j’ai écouté cette année, et une énième perle de la part d’un des mecs qui me fascine le plus au monde.

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